INSTALLATION |
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Lettre ouverte |
La Planète Bleue : jour ensoleillé d’août 2007
Objet : Parce qu'au regard des média, nous sommes à l'heure où les sacs Machin, les ceintures Truc, les montres Chose... sont, sur C’était l’époque où la radio annonçait que l’on venait de retrouver un enfant « sans vie (!!) dans un terrain vague » (s’il n’y avait Peintre plasticienne, j’ai le privilège aujourd’hui, de vous présenter le book de l’installation pédagogique d’utilité publique:
que j’ai fabriquée afin, en tant qu’artiste, de prendre part à la grande cause que représente la Protection de l’Enfance. Si l’exposition de cette installation peut être l’objet d’une approche de l’Art Contemporain, elle a, avant tout, été réalisée dans le Pendant la journée des Droits de l’Enfant en novembre 2003, « Le Droit de dire : « NON »… » a été présentée à Paris XIè avec En décembre 2003, cette installation a été exposée aux Chartrons à Bordeaux sous le patronage de Monsieur Alain Juppé, Pour accompagner ces exposition/installation et peinture j’avais organisé, dans les deux villes, des conférences/débat sur les « Garde toujours dans la main la main de l’enfant que tu as été » écrivait Miguel de Cervantes ; cette main là, je ne suis pas prête Parce que je refuse d’imaginer que vous puissiez rester indifférent à cette proposition, je serais ravie de vous rencontrer afin de Certaine que vous allez appréhender ce book le cœur grand ouvert. Dominique Asteggiano Contact Artiste : asteggiano@asteggiano.org ...................................................................VVVotre critique, vos suggestions, vos commentaires... : asteggiano@asteggiano.org
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"Le Droit de dire: "NON" à un adulte Parce qu'il y a parfois des Devoirs de Désobéissance." ![]() |
L'INSTALLATION |
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Descriptif: * Devant, à gauche, un gros nours : il donne les adresses S.O.S. : « 119 », le Défenseur des Enfants… * Mur du fond : ombres * Mur de droite: « J’accuse » une multitude de masques blancs. Chacun porte une étiquette sur le front: * Devant la « pièce », à droite un épouvantail portant un masque blanc et un grand imperméable d’exhibitionniste ; il présente une cagette dans laquelle, des « poupées » et des CD Rom remplacent les légumes « pour seulement » 20 000 $ / pièce. * Au fond, dans le coin gauche: 3 enfants de chiffon devenus « inutiles » sont jetés à la poubelle. * Sur le sol: * Au fond de la pièce, à droite : un lit-cage où l’enfant n’est plus. * Au-dessus du lit se balance un mobile : poupée de chiffon de laquelle pendent des CD sur lesquels sont collés des articles de journaux et inscrites des statistiques à ne plus s’endormir. * En fond sonore, la chanson d’Enrico Macias: « Malheur à celui qui blesse un enfant. » accordée pour cette installation par la Maison de disques Trema / Paris. |
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Le concept: « Les artistes sont aujourd’hui des passeurs. En recyclant des images, réelles ou fictionnelles, ce qu’ils proposent, ce ne sont plus des oeuvres, ni même des objets d’art, mais des processus, des propositions de situations à expérimenter en commun... La question devient alors comment ce monde nous est raconté, comment une histoire est racontée et comment on la reçoit. Dans ce processus, le spectateur s’intègre à l’œuvre en s’efforçant de fabriquer lui-même une histoire située entre réalité et fiction où son déplacement lui sert d’outil pour lire le monde... » Paul Ardenne |
« J’aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces… Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m’empêchera d’être heureuse. » Jean Anouilh (La Sauvage.) |
Bizzarrrre, dans « Le Petit Robert. » de 1970, on peut noter l’absence du mot : « Pédophile » !!!??? Le Robert Pedo : élément savant et emprunté au grec pais, paidos « enfant », par exemple dans pédophile n ; et adj. (fin XIXe s.), signifiant spécialement « (personne) qui ressent une attirance pour les enfants ». Le mot a pris v. 1990 des valeurs très négatives, la pédophilie n.f. (1968)pouvant entraîner abus sexuels, exploitation pornographique et même violence et assassinat sur la personne d’enfants, tous méfaits sans rapport avec la stricte définition du mot. L’emploi adj. A suivi la même évolution (réseau pédophile) Dans l’émission « Ca me révolte. », début novembre 2001, ce vocable est condamné: « philo » voulant dire : amour, « Pédo-criminalité. » semble plus approprié. Parce que je me place du côté des enfants, j’opte pour ce dernier terme de : « Pédo-criminalité ». Certes, les pédo « philes » aiment les enfants, mais, je ne suis pas psy, je n’ai pas le décodeur ; je refuse de comprendre cet amour, amour pervers, le pire qui soit, amour « à la croque au sel ». MAISQuels que soient les mots choisis, ils feront toujours mal. (Les mots, les maux !?!??) |
Parce qu’un enfant a le DROIT de dire : « NON » à un adulte, parce qu’il y a parfois des DEVOIRS de désobéissance, |
j’utiliserai : L’art pour le dire Le « regardeur » se trouve devant une pièce où, hormis le noir et l’ocre, les couleurs sont absentes. Les couleurs, c’est la vie et la vie semble avoir été bannie de ce microcosme. Seules quelques notes de rouge suggèrent la violence, violence physique ou morale. Nous sommes dans le monde des enfants qui ont subi des pédo-criminels : Bien sûr, ces derniers ne tuent pas toujours Bien sûr, leurs actes ou propos sont souvent édulcorés par la Justice ou les médias. Nous sommes devenus la civilisation de l’euphémisme, la civilisation « dégenconpeurdémots » alors, souvent je me demande si un « non-voyant » voit mieux qu’un aveugle, si une « tèkniciennedesurface » a moins de boulot qu’une femme de ménage, si un indivudu "privé de liberté" est plus heureux qu'un prisonnier … Un enfant retrouvésanvidanzuntérinvague » est-il plus vivant qu’un enfant mort ?!?!!!! Au nom de quoi a-t-on le droit de piétiner cette confiance ?????? Serions-nous, en plus, en train de devenir la civilisation qui, tel « Saturne dévorant ses enfants. » (Eau forte de Goya) ou le Minotaure du « Guernica. » de Picasso anéantit son futur sans aucune hésitation ? Dans cette pièce, tout est « politiquement correct », il n’y a ni mot, ni visage, ni nom. Tout est suggéré et, puisqu’ « il n’y a qu’à ! », le « regardeur » donnera sa propre interprétation. Le déni de mémoire n’est jamais bon. Faut-il toujours refaire les mêmes erreurs ? |
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Avant propos Il doit encore se demander les mêmes choses parce que l’an 2000 n’a pas tenu ses promesses ; l’Histoire s’écrit toujours avec les mêmes mots, avec le même sang. Seules changent les dates !!! |
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A moi "conte"... deux mots! Il était une fois deux petites poupées de chiffon. Un jour, qui était peut-être beau, un Meussieu, bien, très bien vint les chercher. Gentil, très gentil, il leur donna des bonbons, il leur fit des cadeaux, plein de cadeaux, même ! Un matin, allez savoir s'il était toujours beau! Une des deux poupées en faisant sa toilette remarqua que son ventre était plus gros que d'habitude. Comme ce ventre grossissait chaque jour davantage, elle en parla à sa copine qui ne comprenait pas non plus le pourquoi de cette transformation. Toutes les deux décidèrent de poser la question au Meussieu très gentil. Deux ou trois mois passèrent. Le Meussieu très gentil décida d'organiser une grande fête; il prit son ordinateur et invita touplindemeussieuxxxx aussi gentils que lui. Avec eux, elles devraient être encore plus gentilles. .... Je veux s o r t i r !!!! Eh bé ma vieille, tu rigoles !? Tu sortiras jamais ! C'est vrai: il était une fois, mais il était aussi deux fois, puis trois, puis cent, puis.... il sera des millions de fois...
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Dominique Asteggiano |
Bonjour, je suis un peu différente de tout le monde ici. Je suis embêtée d'être là mais j’y suis à la demande de Innocence en Danger parce que je trouve qu’on fait beaucoup de lois qui ne sont pas appliquées et que cela est assez désespérant. Je vais vous raconter une petite anecdote : Un jour, Dali est allé voir Picasso. Picasso venait de peindre « Guernica. » et Dali lui a dit : « C'est toi qui a fait ça ? » Picasso a répondu : «Non ce n'est pas moi, c'est vous ! » Et moi, j'ai fabriqué une installation pour que les gens soient « un tout petit peu » choqués par tout ce qui se passe. Moi, je ne connaissais pas l'existence de CD-Rom, jusqu’à la lecture de «Le livre de la Honte. » J'ai été très choquée. Aujourd'hui, j'ai été très mal quand j'ai vu les photos. Je crois que toutes ces choses-là devraient circuler pour que les gens se mobilisent. Mon installation est une grande pièce de 35 m ² faite de poupées de chiffon à moitié détruites et de nounours. Tous les jours, j'en ajoute une alors que je rêve de les enlever progressivement et que finalement la pièce devienne vide. Mais tout seul, on ne peut pas et on compte sur des politiques. C'est bien !… mais il faudrait aussi que chaque parent briefe son gosse. Il faudrait que tout le monde en parle, qu'on enlève ce tabou, que les gosses se protègent tout seuls parce que personne ne le fait, même leurs profs les foutent dans des problèmes incroyables ! Il y a des affaires qui éclatent un peu partout et si je suis là, c'est pour cela. Je ne pouvais pas vous amener mon installation donc j'ai amené un tout peu petit exemple : un nounours qui a accepté de prendre un bonbon qu'on lui tendait ; le piège tout bête ! |
Et voilà ! |
C'est une chance incroyable qu'aujourd'hui une conférence de presse ait lieu. Chacun sait que la presse c'est quand même le 5 ème pouvoir ! On a des hommes politiques mais peut-être que par les journaux, on peut parler davantage et convaincre. Et finalement toutes ces poupées finiront par sortir de l'installation et finalement on retrouvera peut-être le pouvoir de dormir tranquille la nuit et « le Minotaure » arrêtera de bouffer les gosses… le vôtre ! ... Enfin !! |
Ce n'est pas une utopie mais il faut s'y mettre tous. ************ |
Interview Par Valérie Salva de Villanueva Vekava Art Contemporain 116, Avenue des Champs Elysées Paris Juin 2002 |
Valérie Salva de Villanueva : Comment vous est venue l’idée de cette installation ? Asteggiano : « Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m’empêchera d’être heureuse » (disait « La Sauvage. » de J. Anouilh) ; je suis née comme ça !!! A Paris en mai 2002, lors d’une conférence de presse au Club de la Presse, j’ai vu quelques photos extraites des CD Rom (plaisir et catalogues pédodocriminels) je n’en parlerai pas, les mots n’existent pas !!! Imaginez le pire, vous y êtes !!! Si nous n’agissons pas davantage, immédiatement et de façon plus efficace, les enfants étant notre avenir, il n’y aura personne pour profiter de ce « jolimondécolo » que ce même Etat s’applique à nous fabriquer ! VSDV :Combien de temps vous a-t-il fallu pour créer cette installation? A : Cette question recoupe un peu la première : la période de création commence en même temps que l’idée. Un besoin naît dans la tête et très vite, une image se substitue à lui. Au départ, elle est un peu floue, elle prend « corps » petit à petit. Le challenge est de trouver le « comment » exprimer le dégoût, la révolte… sans voyeurisme, pas pour « faire pleurer dans les chaumières », sans les mots, sans les images de la réalité (surtout : ne pas employer les moyens des pédo-criminels : photos, noms, visages, mots ; surtout ne pas leur servir de tremplin, ne pas leur fournir d’éléments à critiquer, ne pas ouvrir de possibilité de discours, ne pas leur donner la possibilité de se chercher des excuses psychologiques ou autres. Il y a les enfants, eux ne sont pas des poupées de chiffon ; leur vie, un jour qui n’était certainement pas beau, a basculé dans l’horreur et même si les apparences ne le montrent pas toujours, ils sont marqués à tout jamais Non, je ne dévie pas votre question : Un matin vous vous levez et vous entendez à la radio qu’un môme, encore, a été enlevé, qu’un môme a été « retrouvésanvidansuntérinvague », un môme, encore un !!!! Alors, la rage vous prend, et vous vous lancez ; en travaillant, les idées viennent, se transforment, se concrétisent… En fait, la création a pris des années, mais la fabrication n’a durée que trois mois ; trois mois sans me poser la question « ça va plaire ou non ? » ou « Est-ce de l’art ? » A cette dernière question, Malévitch répondait : « L’art ne pose pas cette question. »
VSDV : Vous avez semble t- il, volontairement rejeté les produits manufacturés, pourquoi ? A : Pas totalement si on considère les murs et les masques. Pour finir, il y a les épouvantails : VSDV : Dans votre choix de couleur l’esthétique est- elle entrée en ligne de compte ? A : Le « regardeur » se trouve devant une pièce où, hormis le noir et l’ocre, les couleurs sont absentes. Les couleurs, c’est la vie et la vie, ici, est mise entre parenthèses. A : Nous vivons dans un monde qui s’éloigne des vraies valeurs ne connaissant que celle(s) du profit et (ou) du plaisir immédiat. Parler à un adulte de cette chose, sous le portefeuille, qui s’appelle « cœur » ne peut, à mon avis, que passer par son cœur d’enfant. Pour le faire réagir, Il faut que sa propre peur soit « égoïste », qu’elle lui parle de lui et pas du voisin ; « parlez-moi de moi, il n’y a que moi qui m’intéresse. » ! On garde toujours la mémoire de l’enfance. Il doit savoir que cette enfance détruite aurait pu être la sienne et sera peut-être demain celle de son fils, de sa fille… A : A dire vrai avant n’importe quelle création les choses mûrissent en vous et un jour, il faut qu’elles sortent et (même si la somme de travail est considérable) tout se fait presque tout seul. J’ai tout de même privilégié la façon « soft », le sujet est assez dur comme ça ! Pourtant, il est vrai qu’en prenant un peu de recul face à chaque élément terminé je le trouvai bien plus fort que ce que j’avais imaginé. Par exemple, le jour où j’ai accroché le mobile au-dessus du lit, l’image m’a choquée et pourtant c’est moi qui l’ai fabriqué de toute pièce ! Je l’ai montré à une amie qui m’a dit : « tu vas trop loin ». Le soir, j’apprenais la définition de « vidéo snuff » (vidéo ou film ou les enfants sont torturés, violés, tués en direct ; vidéo ou film commercialisés sur le Net pour environ 20 000 $ US). Alors : Ca veut dire quoi : « aller trop loin ? » VSDV : Dans un tel sujet il est très difficile d’établir la limite entre dénonciation et prosélytisme ? Est ce que cela était une de vos craintes ? A : En réalité, je n’ai pas pensé à tout cela. J’ai choisi de faire une « installation » plutôt qu’une série de tableaux ou d’écrire ; je suis d’accord avec la définition de : Paul Ardenne, Pascal Beausse, Laurent Goumarre (Pratiques contemporaines L’art comme expérience. ) « Les artistes sont aujourd’hui des passeurs. En recyclant des images, réelles ou fictionnelles, ce qu’ils proposent, ce ne sont plus des oeuvres, ni même des objets d’art, mais des processus, des propositions de situations à expérimenter en commun... La question devient alors comment ce monde nous est raconté, comment une histoire est racontée et comment on la reçoit. Dans ce processus, le spectateur s’intègre à l’œuvre en s’efforçant de fabriquer lui-même une histoire située entre réalité et fiction où son déplacement lui sert d’outil pour lire le monde... » Ma seule crainte serait plutôt que les gens n’aient plus de conscience, qu’ils passent à côté de l’installation sans réaction. Elle « devait » sortir comme ça et j’ai choisi de ne pas utiliser de mot. C’est vrai, je dénonce mais je ne suis pas « le joueur de flûte », personne n’est obligé de me suivre !VSDV : « Le poids des mots, le choc des photos »…le choc visuel se dispense pour vous de mot à part ce « J’accuse », mais il ne suffit pas d’accuser, de qu’elle manière pensez vous pouvoir utiliser votre installation pour faire reculer la pédo-criminalité ? A : Oui, je le reconnais, « J’accuse » ! Ce terme ne signifie pas seulement « dénoncer », il ne faut pas oublier une autre de ses significations : « faire ressortir » Sur ce coup-là, j’accuse un dégoût profond alors j’accuse les gens qui le provoquent. Je souhaite que cette installation soit vue par le plus grand nombre de gens Que ces gens-là se posent des questions, qu’ils réagissent, qu’ils parlent à leurs enfants Que chacun prenne conscience que « ça n’arrive pas qu’aux autres » Que les bois où les mômes se promènent aujourd’hui c’est le Net et dans ces bois-là, on peut y ramasser des myrtilles et des fleurs, mais si l’on n’est pas prévenu, on peut aussi y rencontrer le loup et s’y faire croquer Félix Leclerc chantait : |
"Quand les hommes vivront d’amour Il n’y aura plus de misère Les soldats seront troubadours MAIS nous… nous serons morts mon frère." |
A nous de prouver que ce n’est pas vrai, alors … Les poupées de chiffon redeviendront enfin des enfants. |
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