Asteggiano est peintre. C'est elle qui le signe :
" Asteggiano is a painter".
Elle se fout des spécialistes, des esthètes, des paroles toutes faites et déjà mille fois rebattues. Si elle arbore un casque de chantier de couleur verte, c'est pour se protéger des chutes de poncifs, des lèche-culs, brosses-pieds et courbe-reins à l'échine fourbe et au ventre mou. Son ciré jaune, lui, c'est parce que y'en-a-des-qui-postillonnent, en plus.
L'expression artistique qu'elle propose s'enracine dans une identité affirmée qu'elle vit comme un savoir singulier: "je suis née et ai grandi avec des peintres, des ébénistes, des chanteurs d’opéra, etc… j’ai toujours été attirée par les beaux arts ; les crayons et les pinceaux ont toujours fait partie de mon univers"
Elle cite le Petit Prince "C’est utile parce que c’est joli" et se démarque sans doute ici des analyses critiques portées sur son travail en restant centrée sur l'émotion, le ressenti, le joli, pour ne pas dire le beau. Mais au delà du beau, son œuvre est orientée ; elle est utile parce qu'elle est utopique : "J’aimerais changer les couleurs du temps, changer les couleurs du monde", (Guy Béart) est aussi son leitmotiv.
Alors non, elle ne fait pas de hip hop Asteggiano: "A l'ère de la dématérialisation gaallllopante, c'est toute une culture graphique qui disparaît au profit du virtuel". " Au risque de sembler démodée, ce matin encore, je choisis la peinture comme moyen d’expression. " avoue-t-elle. Son parler franc se révèle dans son travail et sa sincérité, sa joie et sa générosité aussi.
Paul Lux
Poète
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