| Préface: |
Stéphane AMBRY
Avocat à BORDEAUX
Avocat d'Enfants, membre du CRIC |
Aujourd'hui, on peut tout dire et tout écrire au sujet des enfants.
Ce livre pose une multitude de questions non pas seulement au sujet des enfants, mais surtout au niveau des adultes qui sont censés, de par la loi, assurer en premier leur éducation et leur protection, le dispositif de protection de l'enfance n'intervenant qu'en cas de carence.
Tout d'abord, ce livre invite le lecteur à faire le deuil d'une utopie (ou illusion je ne sais). Celle qui consiste à croire que le droit et la justice doivent obligatoirement aboutir à un monde parfait.
Le droit et la justice ne sont que l'expression, le reflet, à un moment donné, d'une société humaine toujours imparfaite.
Il ne faut donc pas s'étonner de ces disfonctionnements humains que nous constatons sans arrêt par-ci, par-là, mais continuer à les combattre sans cesse.
Certains avaient pensé que la Convention Internationale des Droits de l'Enfant (CIDE), signé par TOUS les Etats du monde, et leur application dans chaque pays, allait changer tout d'un coup (comme par magie) les drames et les souffrances que vivent les enfants des hommes/femmes.
Constatant les violations manifestes, ils les dénoncent, et il faut bien, mais elles continuent.
Pourquoi ? Parce qu'on ne change pas l'Homme ou la Société en une ou deux générations.
Mais le mouvement vers une reconnaissance effective des droits de l'enfant est lancé maintenant et ne cesse de faire des progrès.
Dans les 20 dernières années, les droits de l'enfant (en Europe) ont fait plus de progrès que depuis le début de notre ère chrétienne.
Alors de quoi se plaint-on dans ce livre ?
Des adultes et de leurs comportements néfastes à l'égard de l'enfant tout simplement.
Et alors, le sujet des plaintes des enfants eux-même, et leur étendue est malheureusement immense, et souvent même inimaginable par une personne normale.
Avocat depuis 39 ans, avocat d'enfants depuis leur création en France en 1989, je n'aurais jamais pu imaginer seul ce qu'ils m'ont raconté avoir vécu.
Certes, il ne faut pas oublier et perdre de vue que le sort des enfants qui nous préoccupent ne concerne heureusement pas encore une majorité loin s'en faut.
Oui, les enfants heureux d'être enfants et respectés en tant que tels existent bien et sont notre point de repère essentiel.
Mais les chiffres de prise en charge d'enfants en danger ne cessent de croître.
De plus, le contentieux familial (judiciaire ou non) est devenu dans les 30 dernières années, la source essentielle de difficultés et de souffrances pour les enfants de certains parents séparés (80 % des consultations gratuites des Avocats d'enfants à Bordeaux à trait aux difficultés vécues par l'enfant dans le contentieux familial).
Les Juge aux Affaires Familiales sont débordés non pas seulement par les demandes en divorce mais aussi et surtout par le contentieux parental au sujet des enfants de parents séparés.
L'homme (ou la femme) qui est devenu insupportable à l'autre (homme ou femme) ne peut pas rester pour ce dernier supportable aux enfants.
Et, consciemment ou inconsciemment naît un conflit parental dont l'enfant est l'objet (et non le sujet).
Pour essayer de porter une réponse plus appropriée qu'une simple procédure devant le Juge, on a créé et multiplié la médiation familiale, qui s'adresse bien évidemment aux parents.
Tout en étant particulièrement favorable à ce moyen de résolution du conflit parental, force est pour moi de constater qu'en France, il n'est que très rarement pris en compte l'avis de l'enfant.
Or, qu'est-ce que les droits de l'enfant ?
Tout simplement les obligations de chacun à son égard.
Il ne peut y avoir de droits de l'enfant réels que si chaque adulte (et enfant) les respecte et mette en œuvre à l'égard de chaque enfant.
Il est vrai qu'aujourd'hui parler d'obligations aux adultes (fussent-ils parents) et TOTALEMENT contraire à l'air du temps.
Or, toutes les obligations bien comprises des parents concourent à ce que l'on appelle "l'intérêt de l'enfant".
C'est en fonction de cette notion sur "l'intérêt de l'enfant" que le Juge doit prendre ses décisions.
Mais qui sait ce qu'est "l'intérêt de l'enfant" ? Où peut-on se renseigner ? Qui a réfléchi, ou réfléchit aujourd'hui à ce sujet ?
Autant de questions qui se posent et auxquelles les citoyens belges ou français n'ont pas de réponse.
Alors est peut-être venu maintenant le temps d'une grande réflexion, d'un grand débat de société au sujet de "l'intérêt de l'enfant" et que ce concept soit, autant que faire ce peut, évacué de la subjectivité de chacun, pour que nous partagions tous dans "l'intérêt de l'enfant" les mêmes obligations à son égard.
| Préface: |
Victor Khagan
Ecrivain
Belgique |
"Bienséance ne rimerait pas avec vérité : « Ne remuez pas la boue du fond de la rivière !» Les enfants de la dictature et du machisme doivent apprendre à sortir de la culture du déni et du conformisme. «D’autres enfants naîtront qui refuseront l’échec et qui, non seulement voudront pouvoir vivre mais aussi pouvoir aimer et avoir le droit de choisir leur forme de Liberté.» (Jules Brunin) Pour cela, il faut cesser de jouer avec les droits des enfants, il faut respecter leurs racines et leur identité. Il faut assumer la responsabilité de leur avoir donné le jour et ne plus permettre à leurs géniteurs de se défiler devant leur devoir de vérité. Cessons de croire que quelqu’un de bien, c’est quelqu’un qui ne tue personne !!! Là où on s’aime, il ne fait jamais nuit. |