Jeudi 3 juillet 2008 | Saint Thomas | actualisé à 11h47

Découvrir Sud Ouest / Contactez nous

 

COLOMBIE.--Après six ans et demi de détention, Ingrid Betancourt a été délivrée hier lors d'une opération héliportée de l'armée colombienne. Elle souhaite rentrer en France dès ce jeudi + L'ALBUM PHOTOS de la rédaction et le FORUM des lecteurs.

Ingrid, la fin du calvaire

Ingrid Betancourt a été libérée mercredi par l'armée colombienne après six ans et demi de captivité dans la jungle.

Archives

 

 

Rechercher un article

 

 


Découvrez le centre de documentation


Offrir

 

 

Journal et Unes anniversaire


Associations

 

 

- Annuaire
- Agenda

 

 

 

 

image007


image008

À l'Élysée. Les membres de la famille d'Ingrid applaudissent Nicolas Sarkozy, hier soir, après son allocution. Ils se sont envolés peu après pour la Colombie
Photo
reuters


 


Libération d'Ingrid Bétancourt : l'album-photos souvenir de la mobilisation dans le sud-ouest. (clic sur l'image)

L'ancienne sénatrice franco-colombienne a été récupérée avec une quinzaine d'autres otages. Dès hier, peu après minuit, elle a atterri sur une base militaire de Bogotá et a été accueillie par sa mère. Dans sa première déclaration publique, à Radio Caracol, l'ex-otage franco-colombienne n'a pu retenir ses larmes en savourant ses premiers instants de liberté après ces années de captivité aux mains des Farc.

 

 


    Elle a tenu à remercier l'armée colombienne, qui l'a libérée, en parlant d'une opération « absolument impeccable ».
    « Je crois que c'est un signe de paix pour la Colombie , que nous pouvons trouver la paix », a-t-elle ajouté.

     

     

     

    En bonne santé. Contrairement aux informations évoquant son état de santé très précaire, Ingrid Betancourt semblait à la fois souriante et en bonne forme lorsqu'elle est tombée dans les bras de sa mère, Yolanda Pulecio, au bas de la passerelle.
    « Ingrid est en bonne santé », avait indiqué Nicolas Sarkozy un peu plus tôt, dans une allocution prononcée depuis l'Élysée. Le président, qui avait fait de sa libération une priorité de son mandat, était entouré de la s?ur et des enfants de l'ex-otage. L'opération de sauvetage s'est déroulée dans la jungle de Guaviare, dans le sud du pays. Des soldats se sont présentés comme les membres d'une ONG fictive censée transporter les otages par hélicoptère vers un camp pour y rencontrer le nouveau chef des Farc, Alfonso Cano. « Les hélicoptères, qui appartenaient en réalité à l'armée, ont récupéré les otages dans le Guaviare et les ont transportés vers la liberté », a déclaré Santos. Les otages ont ensuite été acheminés par avion vers Bogotá.

    Nicolas Sarkozy a salué la fin d'un « calvaire » et annoncé que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et la famille de l'ex-otage partaient dans la soirée pour la Colombie.
    Cett
    e nouvelle est un succès d'envergure pour le président conservateur colombien, Álvaro Uribe, qui a fait de la lutte contre les Farc sa grande priorité. « C'était une opération sans précédent », s'est félicité son ministre de la Défense devant des journalistes. « Elle s'inscrira dans l'histoire par son audace et son efficacité. »

    Le président américain George Bush, dont le pays fournit une aide financière et logistique importante à son allié colombien, a téléphoné et rendu hommage à Uribe, un « dirigeant fort ».


    Un symbole. Ingrid Betancourt, qui est âgée de 46 ans, était devenue le symbole de la souffrance des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie, la mobilisation de ses proches ainsi que sa double nationalité franco-colombienne ayant contribué à médiatiser sa lutte sur le plan international. Les Farc, qui ont perdu en mars leur chef, Manuel Marulanda, et leur numéro deux, Raúl Reyes, retenaient une quarantaine d'otages de premier plan comme monnaie d'échange contre des centaines de militants emprisonnés.
    Parmi eux, Ingrid Betancourt, candidate du parti vert à l'élection présidentielle en Colombie, avait été capturée le 23 février 2002. Une vidéo des Farc diffusée à la fin de l'an dernier l'avait montrée très amaigrie et déprimée.
    Les Farc, plus vieux mouvement rebelle d'Amérique du Sud, ont été repoussées dans des endroits isolés du pays et ne compteraient plus que quelque 9 000 combattants contre 17 000 auparavant.
    Pour l'analyste Michael Shifter, du Dialogue interaméricain, un centre de réflexion de Washington, « le gouvernement colombien a profité de la faiblesse et du désordre au sein des Farc pour mener à bien sa mission. C'était un énorme pari, mais cela a fonctionné ». « Uribe prend des risques et il aime les surprises. Il n'en a pas besoin, mais ce tour remarquable des événements va encore renforcer sa popularité », a-t-il ajouté.
    Nicolas Sarkozy a appelé les Farc à renoncer à la lutte armée : « La France est prête à accueillir tous ceux qui renonceraient à la lutte armée », a-t-il dit.